Ce serait pire

Ce serait pire
"C'est comme le scénario d'un film dont on est les acteurs. Le problème, c'est que notre scénariste à nous, il a aucun talent. Il sait pas raconter de belles histoires."
Faïza Guène

Trahie. Par la vie. Par lui. Voir le jour et ne plus cotoyer que la nuit. Les yeux embués et le coeur dans la brume, j'avance. J'avance avec toujours cette même sensation. Comme quand mon prof d'athlé nous accrochait un pneu avec une corde dans l'dos. Il s'remplissait de sable et c'était censé t'faire progresser. J'y arrivais mais en souffrant. Non, j't'ai menti, j'faisais semblant. Un jean, des tongs et un chemisier en satin turquoise sous le soleil du Midi. La panoplie suffit pour qu'les autres croient qu'ça va mieux. Mieux? Depuis quand? J'subis encore les souffrances engendrées par les paroles des cons en classe de cinquième. Alors c'qu'il s'passe depuis deux semaines... Avec de la chance, une thérapie et la suite de ma vie dans le monde de Candy, à 50 ans, j'aurais p't-être laissé le temps faire son effet. Son seul effet. J'ai mal. Plus d'inspi, plus d'aspi. En moi tout est devenu petit. Mes yeux, mon sourire, ma patience et mon coeur. Même mes surnoms et mes "je t'aime". Me suis changée en MP3. Et mes dossiers de partage sont en vrac. Les 39% d'Sarko-nar n'ont rien arrangé. Putain mais c'est écrit sur son front qu'c'est un bouffon. J'suis sûre qu'un mec comme ça, en primaire, tu lui aurais lancé des bâtons de colle UHU dans la tête. Et aujourd'hui tu l'voudrais président? Naaannn. Y'a rien d'plus dangereux qu'une victime qui a du pouvoir. Hitler avait les chambres à gaz, lui les tranformateurs. Et tu veux m'faire croire qu'le monde avance? J'ai l'vertige. Les bons meurent pendant qu'les cons jubilent. D'une île austère on a fait une terre hostile. J'suis pas venuepour supporter ça. Finalement, la bonté d'âme ne sert à rien. Trahisons en série, il m'manquait l'option pare-chocs. Si j'parais chic c'est qu'du toc. Oui y'a eu chute. Brutale et douloureuse. Et comme si c'était pas assez, elle a été suivie d'un lapidage à coup de maux. En fait, il existe pire que souffrir, c'est de voir des gens qui souffrent. Dans "mourir", il y a "rire". Dans "souffrir" aussi. La langue française est une langue de merde. J'suis pas L.A S.E.U.L.E je sais. Mais y a rien d'rassurant. J'peux pas t'dire si j'vais bien ou si j'vais mal. De la tristesse en couleurs. De l'allégresse aux pleurs. J'ai mal au coeur comme si mes sentiments flottaient sur du rhum ambré. J'bois pas mais il parait qu'il n'faut pas fermer les yeux. Ce serait pire.

# Posté le jeudi 26 avril 2007 15:40

Modifié le samedi 28 avril 2007 11:29

RIP

Il est de ceux qu'on remarque alors qu'ils sont discrets. De ceux qui illuminent sans même avoir voulu briller. Avec son sourire constant. Ni niais, ni exaspérant. Qui semble plutôt te dire "Viens. Souris. Souris à la vie." Tu parles, elle te l'rend bien la vie. Enfant, il se battait pour rigoler, il paraît. Toujours partant. De Marseille à Berthe, toujours marrant. Avec cette lueur au fond des yeux unique aux gens bien. Et puis il a grandi. Toujours le même. Tu lui donnes 2 ans d'moins quand tu l'regardes, 4 ans d'plus quand tu l'écoutes. Si j'avais pu lui donner 20 ans d'moi... Le temps a coulé, laissant ses traces sur son torse. D'immenses balafres qui le brûlent quand il va à la plage. Ces balafres qui nous rappellent que derrière la bonne humeur et le sourire il y a la souffrance et l'courage. Une maladie du foie qui l'grignote petit à petit. Plus d'alcool, plus d'excés, plus de travail, plus d'études, plus de sel. Plus de temps. J'ai plus d'mot. Suffit juste d'un donneur. Un seul qui accepterait de ne pas mourir pour rien.
Mais aujourd'hui Booba n'est plus. Ce matin, en s'écoulant, son sang a laissé échapper son âme. Une âme qui ne voulait que du bien et qui en partant a fait beaucoup de mal. 5 ans. 5 ans qu'il l'attendait son nouveau foie, bordel. 5 ans qu'il survivait. Qu'il souffrait. Qu'il se battait. Dire que ça aurait pu aller plus vite. S'il avait été blanc, peut-être. S'il avait été riche, sûrement... 5 ans. C'est l'âge qu'a eu sa nièce ce même jour. Putain de coïncidence. Il n'aurait pas aimé qu'on soit triste. Nous,on aimerait juste qu'il soit encore là.

Il ne faisait que donner. Recevoir trop tard l'a tué.

J'ai mal. J'ai l'coeur en feu, l'corps en flamme. J'ai mal. Là, j'implose. Demain j'm'écroule. J'tiendrai pas l'coup. Pourquoi? Pourquoi lui? Pourquoi là? J'ai la gorge nouée. C'est bloqué là. Et ça monte mais ça sort pas. J'suis coincée, prise en otage par la tristesse. J'peux plus dire trois mots sans m'effondrer. Les larmes coulent, s'écoulent mais ça s'tarrit jamais. La voix s'taira jamais. Pourquoi les meilleurs partent en premier? Après ça donne un monde d'enfoirés. Dieu n'existe pas. Ou alors il a foiré. J'y crois pas en Toi. Pourquoi tu les prends en leur faisant croire que t'as mieux à leur proposer? On n'en veut pas d'tes choix. T'as rien. T'es rien. Tu les laisse espérer. Laisse les juste profiter. Il lui avait dit "Noémie c'est la bonne, c'est elle." J'crois pas non plus au destin et à ses signes. Mes larmes ont pris mes mots. Mes maux ont aiguisé leurs armes. J'ai mal.

# Posté le samedi 21 avril 2007 20:19

Modifié le dimanche 22 avril 2007 02:15

Règle n°1 : faire dire par les autres ce qu'on ne peut pas dire soi-même

C'est comment être amoureux?

On est content et on est triste, c'est ça?



Cricri, Les enfants du marais

# Posté le dimanche 15 avril 2007 16:43

Non

Non
En mode Cosmo, enquête et tralala

En mode ballerines, Vendôme et chocolat

En mode alpha 5.20, Sopra et Youssoupha

En mode karaoké, jupe courte et pâtes à la carbonara

En mode ça va tranquille bien et toi pourquoi mais pourquoi?

En mode bruuune, Nelly Furtado et Nutella

En mode shopping, découvert et cadeau paaapa c'est pour toiiiii

En mode j't'aime pas j't'aime pas, laisse tomber, cherche pas

En mode fresh', shetan et siana

En mode sourire, faux ongles et le reste c'est toi qui vois

# Posté le dimanche 08 avril 2007 06:58

Modifié le dimanche 08 avril 2007 07:23

Chronique d'une larme

"J'suis moins en état de tristesse. Mais jfais toujours autant péter ce putain d'mélancotest. Car j'ai trouvé mon bonheur en (écrivant) mes malheurs. Réappri à rire à travers mes pleurs. Mais j'réalise que j'fais du mal à ceux que j'aime depuis que j'bois des verres de mélancolie pour être moins triste."Soprano

110...130...160... Pied sur la pédale, t'appuies, peu importe où ça t'ménera. Youssoupha en fond sonore. Si t'avais l'courage, tu fermerais les yeux. Putain t'as même peur d'commencer par "je" dès qu'ça touche aux sentiments. Au sentiment, à ce sentiment. Celui qui t'fais tomber trop bas en trop peu de temps. Celui qui t'fais passer pour celle qui n'ressens rien. Pour celle qui ne prends jamais de gants. Tu délires. Parce que ça dégringole à l'intérieur. Tout s'casse la gueule. Tu croyais t'être construite, enfin. Mais y'a ce p'tit truc qui te rappelle sans cesse que l'bonheur n'est pas pour toi. Que ta chance a passé son tour emportant avec elle ta confiance et ta foi. Elle se sont fait la malle. Ce p'tit truc, faudrait qu'tu l'définisses. Pourtant tu l'ignores. La vie pour toi est un effort. Elle est trop forte. Elle va trop vite. Tes cris ne changent rien. Tes silences empirent le tout. A quoi bon? Chauffage à fond, t'as le visage en feu. En coulant, tes larmes brulent. Et pas que les joues. Le coeur s'enflamme. Arrête. Pas la voiture, arrête de croire que le bonheur viendra quand tu seras une autre. C'est trop dur, l'espoir. Connasse. Connasses. Tu les détestes, elles. Rien à voir avec Colombine, tu n'veux faire du mal qu'à toi. A défaut de cotoyer le bien. Penser blesse, rien de le panse. Lui tu l'aimes, tu l'sais. A en crever. Mais la haine des autres te bouffe. Cassez-vous avec vos vices. Tu les supplies, tu vies un supplice. D'un coup d'un seul tu pourrais tourner l'volant. P't-être que si tu voyais défiler ta vie, tu trouverais d'où vient l'problème. Mais non. C'est même pas un appel à l'aide. Cette lumière dans tes yeux, quelquefois tu la perds. S'ils savaient. T'y arriveras, tu l'sais, à allier apparence et appartenance. Ils seront surpris. Bande de cons. Un jour, ils perdront. Ils tomberont. Et t'en auras rien à foutre.

165...120...70...Péage. Sèches tes larmes et souris. Faudrait pas qu'on croit qu't'as mal...

# Posté le mercredi 04 avril 2007 04:28